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ÉDITION DU 7 AU 12 SEPTEMBRE 2026XEW XEW HEBDOLE RENDEZ-VOUS DOMINICAL DU JOURNAL LOUXEW24

13/09/2026
XEW XEW HEBDO – louxew24
Édition du 7 au 12 septembre 2026

XEW XEW HEBDO

Le rendez-vous dominical du journal louxew24
Dimanche 13 septembre 2026
Accord FMI 2,2 milliards USD sur 36 mois, dette à 132 % du PIB
S&P dégrade Note abaissée à CC pour la dette en devises
Cour suprême Licence de Starlink suspendue provisoirement
DPG Le Premier ministre dévoile sa feuille de route
Pétrole Le Brent franchit les 100 dollars le baril
Flamme olympique Dakar accueille la flamme des JOJ 2026
0 Milliards USD (accord FMI)
0 Dette/PIB (%)
0 Prix du Brent ($)
0 Oui au référendum (Bissau)
0 Militaires sénégalais en Gambie
ÉDITORIAL

Le Sénégal à l'épreuve de la vérité budgétaire

Par la rédaction de louxew24

La semaine qui s'achève restera dans les annales de la jeune présidence de Bassirou Diomaye Faye. En l'espace de six jours, le Sénégal a vécu une séquence politique d'une densité rare : la suspension provisoire de la licence de Starlink par la Cour suprême, la censure partielle par le Conseil constitutionnel de la loi sur la déchéance de mandat des députés absents, la Déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô devant une Assemblée nationale où la majorité présidentielle ne lui est pas acquise, et surtout, la confirmation de l'accord avec le FMI pour un programme de 2,2 milliards de dollars accompagné d'un Plan de traitement de la dette.

Ce dernier point mérite une attention particulière. La dette publique sénégalaise atteint désormais 132 % du PIB à fin 2024, selon les chiffres réévalués après la découverte de « dettes cachées » héritées du régime précédent. Le FMI a suspendu son programme de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023, avant de parvenir à un nouvel accord en septembre 2026. L'agence S&P a immédiatement réagi en dégradant la note souveraine du Sénégal de « CCC+ » à « CC » pour la dette en devises étrangères et à « CCC » pour la dette en monnaie locale, avec perspective négative.

Cette réalité budgétaire n'est pas une abstraction. Elle se traduit par des choix douloureux : rationalisation des dépenses publiques, augmentation des ressources intérieures, réduction progressive du déficit. L'économiste Amath Ndiaye, de la FASEG/UCAD, résume la situation avec une formule qui devrait faire réfléchir : « La souveraineté économique ne consiste pas à se couper du FMI, de la Banque mondiale, des marchés ou des investisseurs internationaux. Elle consiste à être capable de négocier avec eux dans l'intérêt national tout en renforçant ses propres capacités économiques et financières ».

En parallèle, la crise politique couve. Ousmane Sonko, écarté du poste de Premier ministre en mai 2026, préside désormais l'Assemblée nationale. Son parti, le Pastef, détient la majorité parlementaire. Le chef de l'État a nommé un nouveau gouvernement le 7 septembre, boycotté par le Pastef, et a annoncé la création de son propre parti le 25 juillet 2026. La rupture entre les deux anciens alliés est consommée. Pourtant, mercredi, Ousmane Sonko a appelé à un « dialogue honnête » avec le président, tout en avertissant qu'il n'y avait « pas de place pour une hostilité permanente ».

Le Sénégal est à un tournant. La vérité budgétaire impose une rigueur nouvelle. La crise politique exige un dialogue sincère. Entre les deux, il y a l'intérêt supérieur de la Nation. C'est ce que nous rappelons à nos lecteurs cette semaine.

Bonne lecture.

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

Les 10 faits marquants de la semaine

  1. Accord FMI-Sénégal – Un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois est conclu le 1er septembre 2026, avec un Plan de traitement de la dette pour rétablir la viabilité des finances publiques.
  2. S&P dégrade la note souveraine – L'agence abaisse la note du Sénégal de « CCC+ » à « CC » pour la dette en devises et à « CCC » pour la dette locale, perspective négative (4 septembre).
  3. Cour suprême suspend la licence de Starlink – La haute juridiction ordonne la suspension provisoire de la licence de l'opérateur satellite, à la suite d'un recours de Sonatel (7 septembre).
  4. Déclaration de politique générale du Premier ministre – Ahmadou Al Aminou Lô présente sa feuille de route devant l'Assemblée nationale, promettant de maintenir le cap de la « transformation systémique » (8 septembre).
  5. Le Pastef appelle au dialogue – Le parti majoritaire critique la méthode du gouvernement mais ne vote pas de motion de censure. Ousmane Sonko appelle à un « dialogue honnête » avec le président Faye (9 septembre).
  6. Conseil des ministres : Plan Diomaye pour la Casamance – Le président Faye annonce une réunion interministérielle pour relancer le plan de développement et sécuriser les zones minées (10 septembre).
  7. Le Brent franchit les 100 dollars – Le baril atteint 107,63 dollars le 11 septembre, en raison de l'escalade des tensions au Moyen-Orient.
  8. Référendum en Guinée-Bissau – La nouvelle Constitution est approuvée avec 70 % des suffrages, renforçant les pouvoirs du président (30 août, résultats proclamés le 2 septembre).
  9. 618 militaires sénégalais déployés en Gambie – Le 10e contingent de la CEDEAO est remis à Toubacouta pour la mission ECOMIG (9 septembre).
  10. Réception de la flamme olympique – Dakar accueille la flamme des JOJ 2026 ; le président Faye exhorte la jeunesse à faire honneur à l'Afrique (12 septembre).
LUNDI 7 SEPTEMBRE

Starlink suspendu, Senelec dément et censure partielle

Politique & Justice

  • Starlink suspendu par la Cour suprême : La haute juridiction ordonne la suspension provisoire de l'exécution de la licence accordée à Starlink Sénégal, à la suite d'un recours de Sonatel contestant les conditions d'autorisation.
  • Conseil constitutionnel : censure partielle : Saisi par le président de la République, le Conseil a jugé inconstitutionnelle la disposition prévoyant la perte du mandat en cas d'absence à dix séances plénières consécutives.
  • Nomination du nouveau gouvernement : Le président Bassirou Diomaye Faye a nommé un nouveau gouvernement, boycotté par le Pastef d'Ousmane Sonko qui a annoncé qu'aucun de ses membres n'y siégerait.

Économie & Société

  • Senelec dément de fausses annonces : La Société nationale d'électricité a démenti une information circulant sur les réseaux sociaux faisant état de coupures d'électricité prévues du 7 au 13 septembre 2026.
  • Lancement du Plan de traitement de la dette : Le gouvernement a officiellement lancé le PTDS dans le but de « restaurer durablement le profil de la dette » de l'État.
MARDI 8 SEPTEMBRE

DPG du Premier ministre et « dette cachée »

Politique & Institutions

  • Déclaration de politique générale : Ahmadou Al Aminou Lô présente sa feuille de route devant l'Assemblée nationale, promettant de maintenir le cap de la « transformation systémique » et de la Vision Sénégal 2050.
  • Le Premier ministre dénonce une « dette cachée » : Il dévoile sa feuille de route pour redresser l'économie, engageant des réformes pour restaurer les finances publiques.
  • Démission du président de l'Assemblée nationale : El Malick Ndiaye démissionne de son poste, ouvrant la voie à la candidature d'Ousmane Sonko à la présidence de l'Assemblée.

Sous-région

  • Ouverture des Jeux de l'AES à Ouagadougou : Les deuxièmes Jeux de la Confédération des États du Sahel débutent avec la participation du Burkina Faso, du Mali et du Niger.
MERCREDI 9 SEPTEMBRE

Le Pastef appelle au dialogue et le Brent flambe

Politique & Justice

  • Le Pastef appelle au dialogue : Le parti majoritaire critique la méthode du Premier ministre mais choisit une approche moins confrontationnelle, Ousmane Sonko appelant à un « dialogue honnête » avec le président Faye.
  • Le Premier ministre appelle à un « front commun » avec la Mauritanie : Ahmadou Al Aminou Lô appelle Dakar et Nouakchott à faire front commun pour contraindre BP dans le cadre du projet GTA.

Économie & International

  • BCEAO valide l'accord avec le FMI : Le gouverneur Jean-Claude Kassi Brou exprime sa satisfaction et salue un renforcement de l'UEMOA.
  • Le Brent franchit les 100 dollars : Le baril dépasse le seuil symbolique pour la première fois en près de sept semaines, en raison de l'escalade des tensions au Moyen-Orient.

Sous-région

  • 618 militaires sénégalais pour la Gambie : La cérémonie de remise du drapeau au 10e contingent de la CEDEAO se tient à Toubacouta, présidée par le général Simon Ndour.
JEUDI 10 SEPTEMBRE

Conseil des ministres : Plan Diomaye pour la Casamance

Politique & Institutions

  • Conseil des ministres : Le président Faye annonce une réunion interministérielle d'évaluation et de relance du Plan Diomaye pour la Casamance, présidée par le Premier ministre. Il demande l'accélération du désenclavement et le renforcement des infrastructures sociales de base.
  • Dialogue avec le secteur privé : Le président salue la contribution des organisations patronales au développement économique et demande le renforcement du dialogue et l'accélération des réformes.
  • Nominations à l'ARTP et à la CDC : Cheikh Tidiane Sarr est nommé à la tête de l'ARTP. Un appel à candidature est lancé pour le poste de Directeur général de la CDC.
  • 24e anniversaire du naufrage du Joola : Le chef de l'État demande une commémoration à la hauteur de la tragédie, dans l'unité et le recueillement.

Économie

  • Loi de finances rectificative : Le Premier ministre annonce son intention de transmettre le projet de loi de finances rectificative 2026 à l'Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre.

Sous-région

  • Enlèvement d'un ressortissant espagnol au Burkina Faso : Un Espagnol est kidnappé le 4 septembre dans un contexte d'insécurité croissante au Sahel.
VENDREDI 11 SEPTEMBRE

S&P dégrade, mesures contre la vie chère et le Brent à 107 $

Économie & Finances

  • S&P dégrade la note souveraine : L'agence abaisse la note du Sénégal de « CCC+ » à « CC » pour la dette en devises et à « CCC » pour la dette locale, perspective négative. Les besoins de refinancement sont estimés entre 25 % et 29 % du PIB par an.
  • Mesures contre la vie chère : Le gouvernement décide de bloquer les prix du loyer, d'autoriser provisoirement les importations de certaines denrées et de créer un « observatoire permanent de la vie chère ».
  • Nominations aux douanes et à l'ASER : Malick Mbaye est nommé directeur général des douanes et Pape Momar Ngom directeur général de l'ASER.

Sous-région

  • CEDEAO : Faye et Gnassingbé facilitateurs auprès de l'AES : Les présidents sénégalais et togolais sont désignés pour faciliter le dialogue avec l'Alliance des États du Sahel.

International

  • Le Brent à 107,63 dollars : Le baril clôture à 107,63 dollars, en hausse de 6,34 % par rapport à la veille.
  • Le FMI maintient sa prévision de croissance mondiale à 3 % : Malgré six mois de guerre entre les États-Unis et l'Iran, l'économie mondiale reste résiliente.
SAMEDI 12 SEPTEMBRE

Flamme olympique à Dakar et modernisation judiciaire

Politique & Institutions

  • Réception de la flamme olympique : Le président Bassirou Diomaye Faye reçoit la flamme des JOJ Dakar 2026 devant les grilles du palais de la République. « Le monde nous a fait confiance. Il nous a confié ce qu'aucun pays africain n'a reçu en plus de 100 ans », déclare-t-il.
  • « Le Sénégal est un pays qui tient ses promesses » : Le chef de l'État affirme que la réception de la flamme olympique prouve que le Sénégal tient ses promesses et que sa jeunesse est sa plus grande richesse.

Justice

  • Lancement de eJustice et Jokko Ak Yoon : Deux nouvelles plateformes numériques sont lancées au Palais de justice de Dakar pour faciliter l'accès aux services judiciaires.

Religion

  • Décès de Cheikh Mouhamadou Macky Niass : Le président Faye présente ses condoléances au khalife de la Fayda Tidianiya à Kaolack.
DOSSIER 1

Crise institutionnelle : Diomaye et Sonko, la rupture consommée

Par la rédaction de louxew24

Un duel au sommet de l'État

La scène politique sénégalaise est le théâtre d'une confrontation inédite entre deux hommes qui furent les artisans de la victoire de mars 2024. D'un côté, Bassirou Diomaye Faye, président de la République, élu sur la promesse de rupture systémique. De l'autre, Ousmane Sonko, son ancien Premier ministre, désormais président de l'Assemblée nationale et leader incontesté du Pastef, le parti majoritaire.

La rupture a été officialisée le 25 juillet 2026, lorsque le chef de l'État a annoncé la création de son propre parti, actant la division au sein de la coalition qui avait porté la victoire. Depuis, les signaux de tension se multiplient. Le limogeage d'Ousmane Sonko du poste de Premier ministre en mai 2026, remplacé par Ahmadou Al Aminou Lô, a été le premier acte de cette rupture. Le Pastef a boycotté le nouveau gouvernement nommé le 7 septembre, annonçant qu'aucun de ses membres n'y siégerait.

L'Assemblée nationale, théâtre de l'affrontement

La démission d'El Malick Ndiaye de la présidence de l'Assemblée nationale, deux jours après le limogeage de Sonko, a ouvert la voie à la candidature de ce dernier au perchoir. Sonko a été élu président de l'Assemblée nationale, une position stratégique qui lui permet de contrôler l'agenda législatif et de menacer le gouvernement d'une motion de censure.

Le 8 septembre, lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre, les députés du Pastef ont critiqué la méthode gouvernementale, notamment l'accord avec le FMI, sans pour autant voter une motion de censure. Ousmane Sonko a déclaré : « En vérité, l'État n'a pas besoin d'institutions soumises et alignées, mais d'institutions fortes et fières ».

Un équilibre précaire

Le Premier ministre Lô a évité de justesse une motion de censure, ni les députés ni lui-même n'ayant proposé de vote de confiance. Mais la menace reste entière. Sonko avait prévenu deux mois plus tôt qu'il ferait tomber le gouvernement « chaque fois que nécessaire » si la ligne politique qu'il avait tracée durant son mandat était modifiée.

L'analyste politique Moussa Diaw estime que le Pastef entend, sur le dossier de la dette et du FMI, prouver qu'il est « le décideur final ». Les prochaines semaines seront décisives, avec l'examen de la loi de finances rectificative qui inclura les engagements pris auprès du FMI. Le bras de fer entre l'Élysée et l'Assemblée nationale ne fait que commencer.

DOSSIER 2

Dette publique : le Sénégal face à la vérité des chiffres

Par la rédaction de louxew24

Une dette réévaluée à 132 % du PIB

La situation budgétaire du Sénégal est alarmante. Selon les données réévaluées après la découverte de « dettes cachées » héritées du régime précédent, la dette publique atteignait 132 % du PIB à fin 2024. Cette révélation a conduit le FMI à suspendre son précédent programme de financement de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023.

L'accord de septembre 2026

Le 1er septembre 2026, les autorités sénégalaises et les services du FMI sont parvenus à un accord technique sur un programme de 36 mois, pour un financement d'environ 2,2 milliards de dollars, soit quelque 1 245 milliards de FCFA. Cet accord reste soumis à l'approbation de la direction puis du Conseil d'administration du FMI.

Le communiqué du FMI indique explicitement que « les autorités ont annoncé leur intention de solliciter un traitement de la dette afin de rétablir sa viabilité ». Il ne s'agit plus simplement d'améliorer la gestion des échéances, mais de restaurer la soutenabilité de la dette.

Le Plan de traitement de la dette du Sénégal

Le gouvernement a lancé le PTDS dans le but de « restaurer durablement le profil de la dette » de l'État et de « dégager progressivement les marges de manœuvre nécessaires au financement des investissements publics dans les secteurs prioritaires ». Ce plan s'inscrit dans le Cadre commun du G20, mais il ne couvre pas la dette libellée en francs CFA, qui représente près d'un tiers de l'endettement public.

La réaction de S&P

L'agence de notation S&P a immédiatement réagi en dégradant la note souveraine du Sénégal. La note de la dette en devises étrangères passe de « CCC+ » à « CC », tandis que celle de la dette en monnaie locale est abaissée à « CCC ». Les deux notations sont assorties d'une perspective négative, laissant planer le risque d'une nouvelle dégradation.

S&P estime que les besoins de refinancement du Sénégal sont estimés entre 25 % et 29 % du PIB par an au cours des trois prochaines années, mettant en garde contre la pression persistante exercée par le recours aux emprunts locaux à court terme.

Un ajustement inévitable

L'économiste Amath Ndiaye souligne que les 1 245 milliards de FCFA sur trois ans restent très inférieurs aux besoins de financement de l'État, qui dépassent 6 000 milliards de FCFA pour la seule année 2026. L'intérêt stratégique de l'accord réside donc moins dans son montant que dans l'effet de confiance et de levier qu'il peut produire auprès des bailleurs et investisseurs.

Le traitement de la dette ne pourra produire des résultats durables sans un redressement parallèle des finances publiques, avec une augmentation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses publiques.

DOSSIER 3

Le Pastef face à ses contradictions

Par la rédaction de louxew24

Un parti au pouvoir, mais dans l'opposition

Le Pastef, « Patriotes du Sénégal pour le Travail, l'Éthique et la Fraternité », est dans une situation politique inédite. Le parti dispose d'une majorité confortable à l'Assemblée nationale, mais son leader, Ousmane Sonko, a été écarté du pouvoir exécutif. Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a créé son propre parti le 25 juillet 2026, actant la division au sommet de l'État.

Cette configuration crée une situation paradoxale : le parti majoritaire se retrouve de fait dans une position d'opposition au gouvernement, tout en détenant les leviers législatifs pour le contrer.

La Déclaration de politique générale sous tension

Lors de la DPG du Premier ministre le 8 septembre 2026, les députés du Pastef ont vivement critiqué la méthode gouvernementale, notamment l'accord avec le FMI. Ils ont dénoncé un manque de transparence sur le traitement de la dette, demandant une « transparence absolue » sur les mesures envisagées.

Pourtant, le parti n'a pas voté de motion de censure. Cette retenue s'explique par la volonté de ne pas précipiter une crise institutionnelle majeure, mais aussi par la conscience que les mesures d'austérité qui s'annoncent seront impopulaires. Laisser le gouvernement actuel les mettre en œuvre pourrait être stratégiquement avantageux pour le Pastef.

Un « dialogue honnête » mais exigeant

Ousmane Sonko a appelé à un « dialogue honnête » avec le président Faye, tout en affirmant qu'il n'y avait « pas de place pour une hostilité permanente ». Cette posture équilibriste vise à maintenir la pression sur l'exécutif tout en évitant de passer pour un fauteur de troubles aux yeux de l'opinion.

Le Pastef exige notamment que soient rendues publiques les mesures envisagées pour rendre la dette sénégalaise soutenable. Le parti veut démontrer qu'il reste le gardien de la ligne politique tracée lors de la campagne présidentielle de 2024, celle de la rupture et de la souveraineté.

Les défis à venir

Les prochaines semaines seront déterminantes. L'examen de la loi de finances rectificative, qui inclura les engagements pris auprès du FMI, sera l'occasion pour le Pastef de démontrer sa capacité à influencer les politiques publiques. Le parti devra choisir entre une opposition frontale, qui pourrait précipiter des élections anticipées, et une collaboration critique, qui risque d'éroder son image de parti de rupture.

DOSSIER 4

Sahel : l'AES entre Jeux sportifs et défis sécuritaires

Par la rédaction de louxew24

Les Jeux de l'AES : une vitrine de l'intégration sahélienne

Du 7 au 16 septembre 2026, Ouagadougou accueille la deuxième édition des Jeux de la Confédération des États du Sahel (AES), réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces jeux, qui se tiennent dans un contexte sécuritaire difficile, visent à démontrer la vitalité de l'alliance créée en 2023 par les trois pays dirigés par des juntes militaires.

Les compétitions ont débuté le 8 septembre avec une cérémonie d'ouverture officielle. Au programme : football, handball, athlétisme, tir à l'arc, basket-ball et d'autres disciplines. Le Niger a notamment dominé les épreuves de tir à l'arc olympique, raflant toutes les places du podium, devant le Burkina Faso et le Mali.

Une alliance politique et sécuritaire

L'AES, créée en septembre 2023, est née de la volonté du Mali, du Burkina Faso et du Niger de coordonner leurs efforts face aux défis sécuritaires et politiques. Les trois pays ont quitté la CEDEAO en janvier 2025, dénonçant des sanctions jugées injustes et une ingérence dans leurs affaires intérieures.

L'alliance a mis en place une force conjointe de lutte contre le terrorisme et a annoncé la création d'une banque d'investissement et d'un fonds de stabilisation. Les Jeux de l'AES s'inscrivent dans cette dynamique de construction d'une identité commune et de coopération renforcée.

Des défis sécuritaires persistants

Malgré ces avancées, la situation sécuritaire au Sahel reste préoccupante. Les attaques terroristes se poursuivent, comme en témoigne l'enlèvement d'un ressortissant espagnol au Burkina Faso le 4 septembre 2026. Les groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l'État islamique continuent de mener des opérations dans la région, malgré les efforts des forces armées nationales et de la force conjointe de l'AES.

La perte du ministre de la Défense malien, Sadio Camara, dans les attaques simultanées du 25 avril 2026, illustre la gravité de la menace. Les défis sécuritaires restent donc immenses pour l'alliance, qui doit conjuguer opérations militaires et développement économique pour espérer stabiliser durablement la région.

Une relation complexe avec la CEDEAO

Les relations entre l'AES et la CEDEAO restent tendues. Après le retrait des trois pays, la CEDEAO a tenté de maintenir un dialogue, mais les divergences politiques demeurent. Le général Birame Diop, nouveau président de la Commission de la CEDEAO, a pris ses fonctions le 1er septembre 2026 dans un contexte régional marqué par ces tensions. La CEDEAO a désigné les présidents Bassirou Diomaye Faye (Sénégal) et Faure Gnassingbé (Togo) comme facilitateurs auprès de l'AES pour tenter de renouer le dialogue.

L'avenir de l'intégration régionale en Afrique de l'Ouest dépendra de la capacité des deux blocs à trouver un terrain d'entente sur les questions de sécurité, de commerce et de libre circulation des personnes.

DOSSIER 5

Pétrole à 107 dollars : l'économie mondiale sous tension

Par la rédaction de louxew24

Une flambée des prix sans précédent depuis juillet

Le baril de Brent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars le 9 septembre 2026, atteignant 107,63 dollars à la clôture du 11 septembre, en hausse de 6,34 % par rapport à la veille. Cette flambée, la plus importante depuis près de sept semaines, est directement liée à l'escalade des tensions au Moyen-Orient.

Le prix du pétrole a augmenté de 25 % depuis début août 2026. La référence américaine, le WTI, a également franchi le seuil des 100 dollars. Cette hausse spectaculaire reflète les inquiétudes des marchés quant à l'approvisionnement énergétique mondial dans un contexte de conflit entre les États-Unis et l'Iran.

Les conséquences sur l'économie mondiale

Le FMI a confirmé ses prévisions de croissance mondiale pour 2026 à environ 3 %, un chiffre inférieur à la moyenne de 3,5 % enregistrée en 2024-2025 et aux prévisions de 3,1 % formulées en avril 2026. L'institution a souligné que l'économie mondiale a été résiliente malgré six mois de guerre entre les États-Unis et l'Iran, mais que l'incertitude demeure élevée.

Les pays importateurs de pétrole, notamment en Afrique de l'Ouest, sont les plus vulnérables à cette flambée. Le Sénégal, qui importe la quasi-totalité de ses produits pétroliers raffinés, devrait voir sa facture énergétique augmenter sensiblement, aggravant les tensions inflationnistes déjà présentes.

La BCE relève ses taux

Face à la poussée inflationniste, la Banque centrale européenne a décidé de relever ses trois taux directeurs de 25 points de base. Les experts de la BCE prévoient une inflation moyenne de 3,0 % en 2026, 2,5 % en 2027 et 2,1 % en 2028. La croissance économique de la zone euro est attendue à 0,9 % en 2026, 1,4 % en 2027 et 1,5 % en 2028.

Des perspectives incertaines

L'évolution des prix du pétrole dépendra largement de l'issue du conflit au Moyen-Orient. Une intensification des hostilités pourrait pousser le Brent au-delà des 120 dollars, avec des conséquences dramatiques pour les économies importatrices. À l'inverse, une désescalade pourrait ramener les prix sous les 90 dollars.

Pour les pays africains, la flambée pétrolière est ambivalente. Les producteurs comme le Nigeria, l'Angola ou le Gabon bénéficient de recettes supplémentaires, tandis que les importateurs comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire ou le Ghana voient leur balance commerciale se dégrader.

POLITIQUE & JUSTICE

Synthèse de la semaine

La semaine a été marquée par trois décisions judiciaires majeures. Le Conseil constitutionnel a censuré partiellement la loi sur la déchéance de mandat des députés absents, jugeant inconstitutionnelle la sanction prévue. La Cour suprême a suspendu provisoirement la licence de Starlink, à la suite d'un recours de Sonatel.

Sur le plan politique, la crise entre le président Faye et Ousmane Sonko s'est poursuivie. Le Pastef a boycotté le nouveau gouvernement nommé le 7 septembre. La Déclaration de politique générale du Premier ministre, le 8 septembre, a été l'occasion d'un débat houleux, sans toutefois déboucher sur une motion de censure.

Le chef de l'État a créé son propre parti le 25 juillet 2026, actant la division au sommet de l'État. Ousmane Sonko, élu président de l'Assemblée nationale, dispose désormais d'une tribune puissante pour contester la politique gouvernementale.

ÉCONOMIE & FINANCES

Synthèse de la semaine

L'accord avec le FMI pour un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois a été conclu le 1er septembre 2026. La dette publique est réévaluée à 132 % du PIB à fin 2024, après la découverte de dettes cachées.

S&P a dégradé la note souveraine du Sénégal de « CCC+ » à « CC » pour la dette en devises et à « CCC » pour la dette locale, avec perspective négative. Les besoins de refinancement sont estimés entre 25 % et 29 % du PIB par an pour les trois prochaines années.

Le Premier ministre a annoncé la transmission du projet de loi de finances rectificative 2026 à l'Assemblée nationale au plus tard le 15 septembre, et le projet de loi de finances 2027 au Conseil des ministres le 30 septembre. Les mesures correctives du « misreporting » devront être satisfaites dans les délais convenus avec le FMI.

SOCIÉTÉ & FAITS DIVERS

Synthèse de la semaine

La semaine a été marquée par la commémoration du 24e anniversaire du naufrage du Joola, le président Faye ayant demandé une commémoration à la hauteur de la tragédie, dans l'unité et le recueillement.

Sur le plan sécuritaire, la Senelec a démenti de fausses annonces de coupures d'électricité pour la période du 7 au 13 septembre, appelant le public à la vigilance.

Le président a annoncé une réunion interministérielle d'évaluation et de relance du Plan Diomaye pour la Casamance, avec un accent sur le désenclavement et les services publics essentiels dans les zones frontalières. Le gouvernement a également annoncé des mesures contre la vie chère : blocage des prix du loyer, importations temporaires de denrées et création d'un observatoire permanent.

SPORT

Synthèse de la semaine

Le Sénégal a reçu la flamme olympique le 12 septembre 2026, un événement qualifié d'historique par le président Faye, qui a exhorté la jeunesse à faire honneur à l'Afrique.

Aux Jeux de l'AES à Ouagadougou, le Niger a dominé le tir à l'arc olympique, raflant toutes les places du podium. Le Burkina Faso a terminé au second rang et le Mali à la troisième place. En handball féminin, le Burkina Faso s'est imposé face au Mali 35 à 26.

CULTURE & RELIGION

Synthèse de la semaine

La commémoration du naufrage du Joola a été au cœur de l'actualité culturelle et mémorielle de la semaine. Le président a demandé une commémoration à la hauteur de la tragédie, qui a fait des milliers de victimes en 2002.

La réception de la flamme olympique a également mobilisé les énergies, le chef de l'État soulignant la portée continentale de l'événement : « L'Afrique ne regarde plus, l'Afrique reçoit ». Le décès de Cheikh Mouhamadou Macky Niass a également marqué la semaine, le président présentant ses condoléances au khalife de la Fayda Tidianiya.

DIPLOMATIE & RELATIONS INTERNATIONALES

Synthèse de la semaine

Le général Birame Diop a pris ses fonctions à la tête de la Commission de la CEDEAO le 1er septembre 2026, pour un mandat de quatre ans. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye assure la présidence en exercice de la CEDEAO depuis le sommet de Freetown en juillet 2026.

La CEDEAO a désigné les présidents Faye et Faure Gnassingbé comme facilitateurs auprès de l'AES. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a appelé la Mauritanie à faire « front commun » face à BP dans le cadre du projet GTA.

Sur le plan international, le FMI a maintenu sa prévision de croissance mondiale à 3 % pour 2026, malgré six mois de guerre entre les États-Unis et l'Iran. Le Sénégal a également engagé 618 militaires dans le 10e contingent de la CEDEAO déployé en Gambie pour la mission ECOMIG.

CHRONIQUE

Démocratie et transparence : le Sénégal à la croisée des chemins

Par la rédaction de louxew24

Une semaine qui interroge

La semaine écoulée a offert au Sénégal un condensé saisissant des défis qui se posent à sa jeune démocratie. En l'espace de six jours, le pays a vécu une censure partielle du Conseil constitutionnel, une suspension provisoire de la licence de Starlink par la Cour suprême, une Déclaration de politique générale sous tension, et la confirmation d'un accord avec le FMI assorti d'un Plan de traitement de la dette.

Ces événements, pris isolément, relèvent de la routine institutionnelle. Mis bout à bout, ils dessinent les contours d'une question fondamentale : comment concilier l'exigence de transparence budgétaire avec la préservation de la souveraineté nationale ? Comment garantir l'État de droit tout en répondant aux attentes sociales d'une population éprouvée par la vie chère ?

La transparence, une exigence démocratique

La découverte de « dettes cachées » héritées du régime précédent, qui a conduit à la réévaluation de la dette publique à 132 % du PIB, est un révélateur. Elle montre que la transparence budgétaire n'est pas une option, mais une condition sine qua non de la démocratie. Un peuple qui ne connaît pas l'état réel de ses finances ne peut pas exercer pleinement sa souveraineté.

L'accord avec le FMI, qui prévoit une augmentation des ressources intérieures et une rationalisation des dépenses publiques, impose des choix douloureux. Mais il impose aussi une discipline : celle de rendre des comptes, de publier des données fiables, de respecter des engagements. Le Pastef, en exigeant une « transparence absolue » sur le traitement de la dette, se fait l'écho d'une exigence légitime.

L'État de droit, un rempart fragile

Les décisions du Conseil constitutionnel et de la Cour suprême cette semaine témoignent de la vitalité des contre-pouvoirs. En censurant partiellement la loi sur la déchéance de mandat des députés absents, les Sages ont rappelé que le mandat parlementaire est protégé par la Constitution. En suspendant la licence de Starlink, la Cour suprême a montré que les règles de concurrence s'appliquent à tous, y compris aux géants technologiques.

Mais ces décisions sont fragiles. Elles interviennent dans un contexte de crise politique ouverte entre l'exécutif et le législatif. Le risque est que les institutions judiciaires soient instrumentalisées dans ce bras de fer. La crédibilité de la démocratie sénégalaise dépendra de la capacité de chaque pouvoir à respecter le rôle des autres.

Le dialogue, impératif national

Ousmane Sonko a appelé à un « dialogue honnête » avec le président Faye. Cet appel doit être entendu. La crise actuelle n'est pas une simple querelle de personnes. Elle engage l'avenir institutionnel du pays. Un président sans majorité parlementaire, un Premier ministre sans confiance de l'Assemblée, un chef de parti majoritaire écarté de l'exécutif : cette configuration est intenable à long terme.

Le Sénégal a besoin d'un pacte de stabilité institutionnelle, qui clarifie les rôles de chacun et restaure la confiance entre les acteurs. Ce pacte ne peut pas être imposé. Il doit être négocié, avec l'ensemble des forces vives de la Nation.

Un moment de vérité

Le Sénégal est à un moment de vérité. La vérité budgétaire impose une rigueur nouvelle. La vérité politique exige un dialogue sincère. La vérité démocratique commande le respect de l'État de droit. Aucune de ces exigences ne peut être sacrifiée sur l'autel des intérêts partisans.

Les Sénégalais, qui ont montré en 2024 leur attachement à la démocratie, attendent de leurs dirigeants qu'ils soient à la hauteur de cet idéal. L'histoire jugera ceux qui auront su faire passer l'intérêt national avant les ambitions personnelles.

PORTRAIT

Ousmane Sonko : le président de l'Assemblée qui défie l'Élysée

Par la rédaction de louxew24

Un parcours de combattant

Ousmane Sonko, né le 15 juillet 1974 à Thiès, est une figure incontournable de la scène politique sénégalaise. Ancien inspecteur des impôts et domaines, il s'est fait connaître par sa dénonciation des pratiques de corruption et son combat pour la justice fiscale. En 2014, il est exclu de l'administration après avoir dénoncé des détournements de fonds, ce qui lui vaut une popularité croissante auprès de la jeunesse.

En 2017, il est élu député et devient rapidement l'une des voix les plus critiques du régime de Macky Sall. Candidat à l'élection présidentielle de 2019, il termine troisième avec 15,67 % des voix. En 2021, il crée le parti Pastef, « Patriotes du Sénégal pour le Travail, l'Éthique et la Fraternité ».

L'ascension vers le pouvoir

En 2024, Ousmane Sonko est empêché de se présenter à l'élection présidentielle en raison d'une condamnation judiciaire. Il reporte son soutien sur Bassirou Diomaye Faye, son bras droit au sein du Pastef, qui remporte l'élection avec 54,28 % des voix. Faye nomme Sonko Premier ministre en avril 2024.

Durant son mandat, Sonko incarne la rupture avec le régime précédent. Il dénonce les « dettes cachées », engage des réformes fiscales, et prône la renégociation des contrats miniers et pétroliers. Mais son style direct et sa volonté de contrôler l'agenda gouvernemental créent des tensions avec le président Faye.

La rupture et le retour

En mai 2026, Faye limoge Sonko du poste de Premier ministre, le remplaçant par Ahmadou Al Aminou Lô. Sonko retourne à l'Assemblée nationale, où le Pastef dispose d'une majorité confortable. Le 8 septembre 2026, il est élu président de l'Assemblée nationale, après la démission d'El Malick Ndiaye.

Cette position lui confère un pouvoir considérable : il contrôle l'agenda législatif, peut convoquer des sessions extraordinaires, et dispose d'une tribune pour contester la politique gouvernementale. Sonko a d'ailleurs prévenu qu'il ferait tomber le gouvernement « chaque fois que nécessaire ».

Un avenir incertain

Ousmane Sonko incarne une nouvelle génération politique, en phase avec les aspirations de la jeunesse sénégalaise. Son discours de rupture, son rejet des élites compromises et son appel à la souveraineté nationale séduisent une large partie de l'électorat.

Mais son avenir dépendra de sa capacité à transformer cette popularité en résultats concrets. La crise actuelle, qui l'oppose au président Faye, est un test. S'il parvient à imposer ses vues tout en préservant la stabilité institutionnelle, il pourrait devenir le véritable centre de gravité du pouvoir. S'il échoue, il risque de passer pour un diviseur.

Une chose est sûre : Ousmane Sonko est aujourd'hui l'homme le plus puissant de l'Assemblée nationale, et son influence sur la vie politique sénégalaise est loin de s'éteindre.

TRIBUNE LIBRE

Quelle place pour la CEDEAO dans un Sahel en mutation ?

Par la rédaction de louxew24

Une organisation en crise

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest traverse la crise la plus grave de son histoire. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger, annoncé en janvier 2025, a privé l'organisation de trois de ses membres fondateurs et de plus de la moitié de sa superficie. La création de l'Alliance des États du Sahel (AES) par ces trois pays a consacré la division de l'espace ouest-africain en deux blocs rivaux.

Cette situation est préoccupante à plus d'un titre. La CEDEAO, créée en 1975, a été un instrument précieux d'intégration économique et de coopération politique. Elle a contribué à la libre circulation des personnes et des biens, à la résolution de conflits et à la promotion de la démocratie. Sa fragmentation affaiblit l'ensemble de la région, à un moment où les défis sécuritaires, économiques et climatiques exigent une coordination renforcée.

Les causes de la rupture

Le retrait des trois pays de l'AES ne s'est pas fait en un jour. Il résulte d'une accumulation de griefs : sanctions jugées injustes après les coups d'État, ingérence dans les affaires intérieures, soutien à des régimes impopulaires. Les juntes militaires au pouvoir à Bamako, Ouagadougou et Niamey ont su exploiter ce ressentiment pour légitimer leur rupture.

Mais la CEDEAO porte aussi une part de responsabilité. Son approche punitive, privilégiant les sanctions à la médiation, a contribué à radicaliser les positions. L'organisation n'a pas su s'adapter aux réalités politiques du Sahel, ni proposer une alternative crédible à des populations en quête de sécurité et de dignité.

Les conséquences de la division

La division de l'espace ouest-africain a des conséquences immédiates. La libre circulation des personnes et des biens, pilier de l'intégration régionale, est remise en cause. Les échanges commerciaux entre les pays de l'AES et le reste de la CEDEAO sont perturbés. La coopération sécuritaire, essentielle face à la menace jihadiste, est fragilisée.

À long terme, cette division risque d'aggraver la dépendance de la région vis-à-vis des puissances extérieures. Les pays de l'AES se tournent vers la Russie, la Turquie ou la Chine, tandis que les pays de la CEDEAO restent ancrés dans le partenariat avec l'Europe et les États-Unis. Cette fragmentation géopolitique affaiblit la voix de l'Afrique de l'Ouest sur la scène internationale.

Quelle voie pour la CEDEAO ?

La CEDEAO doit se réinventer. Elle doit d'abord reconnaître ses erreurs et engager une réflexion sur ses modes d'intervention. La démocratie ne peut pas être imposée par la force. Elle doit être le fruit d'un dialogue inclusif, respectueux des réalités culturelles et historiques de chaque pays.

L'organisation doit aussi renforcer sa dimension économique. L'intégration régionale passe par des projets concrets : infrastructures de transport, interconnexions électriques, harmonisation des politiques commerciales. Le lancement de la monnaie unique, l'Éco, prévu pour 2027, est un chantier ambitieux qui pourrait redonner un cap à l'organisation.

Enfin, la CEDEAO doit tendre la main aux pays de l'AES. La porte du dialogue ne doit jamais être fermée. Le général Birame Diop, nouveau président de la Commission, a un rôle crucial à jouer dans cette réconciliation. Il doit faire preuve de diplomatie, de patience et de respect pour restaurer la confiance.

Une nécessité historique

L'unité de l'Afrique de l'Ouest n'est pas une option. Elle est une nécessité historique. Les peuples de la région partagent une histoire, une culture et des défis communs. Leur division ne profite qu'à ceux qui souhaitent les affaiblir.

La CEDEAO doit redevenir ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : un espace de solidarité, de coopération et de prospérité partagée. Cela passera par des concessions mutuelles, un dialogue sincère et une vision commune de l'avenir. Le chemin sera long, mais il n'y a pas d'alternative.

CHRONIQUE HISTORIQUE

1982-2026 : La Casamance, 44 ans de quête de paix

Par la rédaction de louxew24

Aux origines du conflit

Le 26 décembre 1982, une marche pacifique organisée à Ziguinchor par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) est violemment réprimée par les forces de l'ordre sénégalaises. Cet événement marque le début d'un conflit qui va ensanglanter la région pendant plus de quatre décennies.

Le MFDC, créé en 1947 sous le nom de « Mouvement des forces démocratiques de Casamance », revendique l'indépendance de la région, qu'il considère comme une ancienne colonie portugaise distincte du Sénégal. Cette revendication, portée par une minorité active, n'a jamais été soutenue par la majorité de la population, mais elle a alimenté une guérilla qui a fait des milliers de victimes et ravagé l'économie locale.

Quarante ans de violences

Les années 1990 et 2000 sont marquées par une intensification des combats. Le conflit connaît des pics de violence en 1992, 1993, 1995, 1997 et 2000. Les accords de paix signés à plusieurs reprises, notamment en 1991, 1993 et 2004, n'ont jamais permis de mettre un terme définitif aux hostilités. Les factions du MFDC se divisent, certaines optant pour la négociation, d'autres pour la lutte armée.

En 2020, l'armée sénégalaise lance des opérations d'envergure pour « neutraliser » les bases rebelles et faciliter le retour des personnes déplacées. Ces opérations affaiblissent considérablement le MFDC, mais ne mettent pas fin au conflit. Des accords locaux sont signés avec certaines factions, mais la paix définitive reste elusive.

Le Plan Diomaye pour la Casamance

En 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a fait de la Casamance une priorité de son agenda. Le Plan Diomaye pour la Casamance (PDC) est un programme intégré de développement durable, couvrant les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou. Il vise à désenclaver la région, à renforcer les infrastructures sociales de base et à installer systématiquement les services publics essentiels dans les zones frontalières.

Le 10 septembre 2026, le président a annoncé une réunion interministérielle d'évaluation et de relance du PDC, présidée par le Premier ministre. Il a demandé l'augmentation significative des ressources allouées au Centre national d'action antimines, afin d'accentuer les efforts de sécurisation des villages cibles et des sites de production agricole.

Un héritage lourd

Quarante-quatre ans après le début du conflit, la Casamance reste marquée par les stigmates de la guerre. Les mines antipersonnel continuent de tuer et de mutiler. Les populations déplacées attendent de pouvoir rentrer chez elles. L'économie locale, autrefois florissante grâce à la riziculture et au tourisme, peine à se relever.

Mais des signes d'espoir existent. La baisse d'intensité du conflit depuis 2020, le retour progressif des déplacés et l'engagement du gouvernement à faire de la Casamance une priorité offrent une fenêtre d'opportunité. La paix, si elle advient, sera le fruit d'un effort collectif : dialogue avec les factions rebelles, développement économique, réconciliation communautaire.

L'histoire de la Casamance enseigne une leçon universelle : aucun conflit n'est insoluble, mais aucun ne se résout par la seule force des armes. C'est par le développement, la justice et le dialogue que la paix s'enracinera durablement dans cette région meurtrie.

CHIFFRES CLÉS

Indicateurs économiques et faits marquants

Tableau des indicateurs

  • Dette publique / PIB : 132 % (fin 2024)
  • Accord FMI : 2,2 milliards USD (1 245 milliards FCFA) sur 36 mois
  • Note S&P (devises) : CC, perspective négative
  • Note S&P (locale) : CCC, perspective négative
  • Besoins de refinancement : 25-29 % du PIB/an
  • Croissance mondiale (FMI) : 3,0 % en 2026
  • Prix du Brent : 107,63 USD (11 septembre)
  • Contingent sénégalais en Gambie : 618 militaires

Faits marquants par jour

  • Lundi 7 : Cour suprême suspend la licence de Starlink
  • Mardi 8 : DPG du Premier ministre devant l'Assemblée
  • Mercredi 9 : Le Pastef appelle au dialogue ; le Brent franchit 100 $
  • Jeudi 10 : Conseil des ministres : Plan Diomaye pour la Casamance
  • Vendredi 11 : S&P dégrade la note du Sénégal ; Brent à 107,63 $
  • Samedi 12 : Réception de la flamme olympique à Dakar

Citations de la semaine

« La souveraineté économique ne consiste pas à se couper du FMI, de la Banque mondiale, des marchés ou des investisseurs internationaux. Elle consiste à être capable de négocier avec eux dans l'intérêt national. » — Amath Ndiaye, économiste
« En vérité, l'État n'a pas besoin d'institutions soumises et alignées, mais d'institutions fortes et fières. » — Ousmane Sonko, Président de l'Assemblée nationale
« Le monde nous a fait confiance. Il nous a confié ce qu'aucun pays africain n'a reçu en plus de 100 ans. » — Bassirou Diomaye Faye, Président de la République

Dates clés à retenir

  • 15 septembre 2026 : Transmission de la loi de finances rectificative à l'Assemblée nationale
  • 30 septembre 2026 : Examen du projet de loi de finances 2027 en Conseil des ministres
  • 16 septembre 2026 : Débat sur l'état de l'Union européenne au Parlement européen
  • 14 septembre 2026 : Visite du Premier ministre algérien à Bamako
Divertissement 4 jeux

Quiz – 15 questions

1. Quel montant l'accord FMI-Sénégal prévoit-il ?

2. Quelle agence a dégradé la note souveraine du Sénégal ?

3. Que a décidé la Cour suprême concernant Starlink ?

4. Quel pourcentage du PIB représente la dette publique sénégalaise ?

5. Qui a été élu président de l'Assemblée nationale ?

6. Quel événement sportif s'est ouvert à Ouagadougou ?

7. Quel pays a approuvé sa nouvelle Constitution par référendum ?

8. À quel prix le baril de Brent a-t-il clôturé le 11 septembre ?

9. Quelle est la prévision de croissance mondiale du FMI pour 2026 ?

10. Qui a reçu la flamme olympique au Sénégal ?

11. Combien de militaires sénégalais sont déployés en Gambie ?

12. Quel pourcentage du PIB représentent les besoins de refinancement du Sénégal ?

13. Quelle plateforme numérique a été lancée au Palais de justice de Dakar ?

14. Quel plan le président a-t-il annoncé pour la Casamance ?

15. Qui a été désigné facilitateur de la CEDEAO auprès de l'AES ?

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AGENDA

Semaine prochaine (14 – 20 septembre)

  • Lundi 14 septembre : Visite officielle du Premier ministre algérien Sifi Ghrieb à Bamako, porteur d'un message du président Tebboune à son homologue malien.
  • Mardi 15 septembre : Date limite pour la transmission du projet de loi de finances rectificative 2026 à l'Assemblée nationale.
  • Mercredi 16 septembre : Débat sur l'état de l'Union européenne au Parlement européen. Poursuite des Jeux de l'AES à Ouagadougou jusqu'au 16 septembre.
  • Jeudi 17 septembre : Conseil des ministres hebdomadaire au Palais de la République.
  • Vendredi 18 septembre : Début des élections législatives en Russie pour le renouvellement des 450 députés de la Douma.
  • Samedi 19 septembre : Suivi de l'évolution des prix du pétrole et des tensions au Moyen-Orient.
  • Dimanche 20 septembre : Prochaine édition de XEW XEW HEBDO sur louxew24.
ÉDITORIAL DE CLÔTURE

Merci et à dimanche prochain

Par la rédaction de louxew24

Chers lecteurs,

Cette édition de XEW XEW HEBDO vous a proposé une plongée au cœur d'une semaine exceptionnelle par sa densité et ses enjeux. Du Conseil constitutionnel à la Cour suprême, de l'Assemblée nationale aux marchés financiers internationaux, l'actualité sénégalaise a été dominée par une question centrale : comment concilier l'exigence de vérité budgétaire avec la préservation de la stabilité politique ?

L'accord avec le FMI, la dégradation de la note souveraine par S&P, la flambée des prix du pétrole : ces faits économiques ne sont pas des abstractions. Ils se traduiront par des choix concrets, des sacrifices partagés, des décisions difficiles. Ils exigent de nos dirigeants qu'ils fassent preuve de responsabilité et de transparence.

La crise politique entre le président Faye et Ousmane Sonko est tout aussi préoccupante. Elle fragilise les institutions et détourne l'attention des urgences sociales. Nous appelons à un dialogue sincère, respectueux des institutions et de la volonté populaire.

La semaine prochaine sera tout aussi riche. L'examen de la loi de finances rectificative, la visite du Premier ministre algérien à Bamako, les élections législatives en Russie : autant de sujets que nous suivrons avec attention.

En attendant, prenez soin de vous et de vos proches.

À dimanche prochain.

louxew24 — Suivez-nous sur nos réseaux sociaux et retrouvez toute l'actualité en continu sur notre site.
Fin de l'édition du dimanche 13 septembre 2026
Rendez-vous dimanche prochain pour un nouveau XEW XEW HEBDO !

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