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ÉDITION DU 21 AU 26 SEPTEMBRE 2026XEW XEW HEBDOLE RENDEZ-VOUS DOMINICAL DU JOURNAL LOUXEW24DIMANCHE 27 SEPTEMBRE 2026

27/09/2026
XEW XEW HEBDO – louxew24
Édition du 21 au 26 septembre 2026

XEW XEW HEBDO

Le rendez-vous dominical du journal louxew24
Dimanche 27 septembre 2026
FMI confirmé Accord de 2,2 Mds USD défendu par Faye à l'ONU
Grâce présidentielle 984 condamnés libérés le 21 septembre
Joola 24 ans Ziguinchor commémore, l'État s'engage
CEDEAO-AES Faye et Gnassingbé facilitateurs, Kouyaté reconduit
Guinée-Bissau Le « Oui » au référendum à 70 %
Pétrole Le Brent franchit les 105 dollars
0 Milliards USD (FMI)
0 Condamnés graciés
0 Ans après le Joola
0 Brent (USD/baril)
0 Oui référendum Bissau (%)
ÉDITORIAL

L'honneur retrouvé du Sénégal

Par la rédaction de louxew24

Il y a des semaines où un pays se regarde dans le miroir de son histoire et décide, enfin, de ne plus détourner le regard. La semaine écoulée restera, pour le Sénégal, comme l'une de ces séquences rares où la vérité — aussi douloureuse soit-elle — a été mise sur la table, assumée, et transformée en levier de reconstruction.

Le président Bassirou Diomaye Faye, depuis New York, a défendu sans trembler l'accord de 2,2 milliards de dollars conclu avec le Fonds monétaire international. Il a surtout assumé, face aux caméras de RFI et France 24, une réalité que d'aucuns auraient préféré enfouir : le Sénégal est un pays surendetté, à plus de 130 % du PIB selon les estimations du FMI pour 2024, et les gouvernements précédents ont dissimulé des emprunts représentant jusqu'à 25 % du PIB. Dire cela, ce n'est pas faire injure à la nation. C'est lui rendre hommage que de croire qu'elle est assez mûre pour affronter ses propres démons.

L'accord avec le FMI n'est pas une potion magique. Il s'accompagne d'un plan de traitement de la dette, d'une restructuration des créances extérieures et, inévitablement, de sacrifices. Les agences de notation ont frappé : S&P a dégradé la note souveraine du Sénégal de CCC+ à CC en devises étrangères, estimant qu'un défaut ou un échange de créances en détresse était « extrêmement probable ». Moody's avait emboîté le pas quelques jours plus tôt. Ces verdicts sont durs. Mais ils sont le prix de la transparence retrouvée.

Ce qui frappe, dans cette séquence, c'est la maturité institutionnelle dont le pays fait preuve. Le Conseil constitutionnel a censuré, le 7 septembre, une loi organique modifiant le règlement intérieur de l'Assemblée nationale relative à la déchéance de mandat des députés absents. La Cour suprême a validé la possibilité d'organiser les élections locales jusqu'à fin 2027, ouvrant la voie à un possible jumelage avec les législatives. Le président a saisi le Conseil constitutionnel pour avis sur cette éventualité. Autrement dit : le Sénégal discute, conteste, recourt — mais il le fait dans le cadre du droit. Et c'est précisément ce qui le distingue de tant d'autres nations de la sous-région où les soldats ont remplacé les juges.

La commémoration du naufrage du Joola, à Ziguinchor, a rappelé une autre vérité : celle d'un État qui n'oublie pas ses morts. Le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a annoncé que le statut du Musée-mémorial serait réglé avant la fin de l'année, que le Plan Diomaye pour la Casamance ferait l'objet d'un Conseil interministériel en novembre, et que les travaux du pont Emile Badiane démarreraient dès que les marges budgétaires le permettront. « Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte », a-t-il déclaré. La formule est belle. Elle est surtout vraie.

Cette semaine, le Sénégal a choisi la vérité plutôt que le confort. Il a choisi le dialogue régional plutôt que la rupture. Il a choisi de regarder le Joola en face, vingt-quatre ans après. Ce n'est pas une semaine ordinaire. C'est une semaine où un pays a décidé de grandir.

RÉSUMÉ EXÉCUTIF

Les 10 faits marquants de la semaine

  1. Sénégal–FMI : accord historique de 2,2 milliards de dollars. Les autorités sénégalaises et le FMI ont conclu un accord technique sur un programme de 36 mois d'environ 2,2 milliards de dollars (1 243 milliards FCFA). Le président Diomaye Faye a défendu cet accord à New York, appelant l'opposition à un « comportement patriotique ».
  2. Notation souveraine : S&P dégrade le Sénégal à « CC ». Le 4 septembre 2026, S&P Global Ratings a abaissé la note souveraine du Sénégal en devises étrangères de CCC+ à CC, avec perspective négative, estimant un défaut ou un échange de créances en détresse « extrêmement probable ».
  3. Guinée-Bissau : le « oui » l'emporte à 70 %. Les électeurs bissau-guinéens ont approuvé par référendum une réforme constitutionnelle instaurant un régime présidentiel fort, réduisant les sièges parlementaires de 102 à 65. Le PAIGC dénonce un « autre coup d'État ».
  4. Sénégal – Grâce présidentielle : 984 condamnés libérés. Par décrets signés le 21 septembre, le président Diomaye Faye a accordé une grâce exceptionnelle à 984 condamnés, dont 921 en remise totale de peine, 21 grands malades, 19 mineurs et un détenu de plus de 65 ans.
  5. Sénégal – Conseil constitutionnel : la loi sur la déchéance de mandat censurée. Le Conseil constitutionnel a rejeté, le 7 septembre, la loi organique modifiant l'article 118 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale relative à la déchéance des députés absents.
  6. Sahel – CEDEAO-AES : le dialogue s'organise. Bassirou Diomaye Faye et Faure Gnassingbé ont été désignés facilitateurs de la CEDEAO auprès de l'AES. Lansana Kouyaté a été reconduit comme négociateur spécial jusqu'en décembre 2026. La libre circulation des personnes et des biens reste la priorité.
  7. Casamance – Joola : 24 ans après, l'État s'engage. Le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a annoncé à Ziguinchor que le statut du Musée-mémorial du Joola serait réglé avant la fin de l'année. Il a aussi promis le démarrage des travaux du pont Emile Badiane et un Conseil interministériel sur le Plan Diomaye pour la Casamance en novembre.
  8. Burkina Faso – Lutte contre la circulation illicite des armes. Le ministre de la Défense Célestin Simporé a plaidé, le 24 septembre, pour le renforcement du dispositif de contrôle des armes. La Commission nationale de contrôle des armes a tenu sa première session ordinaire de 2026.
  9. Gambie – ECOMIG : présence sans date de retrait. Le vice-président Muhammed B.S. Jallow a confirmé devant le Parlement que la force de la CEDEAO en Gambie resterait aussi longtemps que nécessaire. L'ECOMIG célèbre près d'une décennie de déploiement.
  10. Économie mondiale – Pétrole : le Brent franchit les 105 dollars. Le baril de Brent a atteint 105,20 dollars le 25 septembre, porté par les tensions au Moyen-Orient et les perturbations d'approvisionnement. Le WTI a suivi la tendance.
LUNDI 21 SEPTEMBRE

Grâce présidentielle : 984 condamnés libérés

Politique & Justice

  • Ouverture à Dakar de la conférence internationale de la Cour de justice de la CEDEAO : Le ministre de la Justice Moussa Sarr a présidé la cérémonie d'ouverture, réaffirmant l'engagement du Sénégal en faveur d'une justice communautaire « forte, accessible et efficace ». La rencontre se tient jusqu'au 25 septembre.
  • Grâce présidentielle : 984 condamnés libérés : Par décrets signés le 21 septembre, le président Bassirou Diomaye Faye a accordé une grâce exceptionnelle à 984 prisonniers. La mesure concerne 921 condamnés en remise totale de peine, 21 grands malades, 19 mineurs et un détenu âgé de plus de 65 ans. Quatre condamnés à perpétuité bénéficient d'une commutation de peine.

Société

  • Opérations de désencombrement à Dakar : Le ministre de l'Intérieur Mouhamadou Makhtar Cissé s'est rendu, dans la soirée du lundi 21 septembre, dans plusieurs communes de Dakar et sa banlieue pour superviser les opérations de désencombrement. Il était accompagné des autorités administratives et des maires des communes visitées.
MARDI 22 SEPTEMBRE

Diomaye Faye plaide pour un multilatéralisme rénové à l'ONU

Politique & Diplomatie

  • Le président Diomaye Faye plaide pour un multilatéralisme rénové à l'ONU : À New York, le chef de l'État a participé au « Pacte pour l'avenir » en Afrique, plaidant pour une réforme de l'architecture financière internationale et un multilatéralisme plus inclusif.
  • CEDEAO : la conférence de la Cour de justice se poursuit : Les travaux ont porté sur l'innovation technologique au service de la justice, notamment l'usage de l'intelligence artificielle pour améliorer l'accès des citoyens aux juridictions communautaires.

Économie

  • Le FMI et la Banque mondiale saluent les efforts du Sénégal : En marge des assemblées annuelles, les partenaires financiers ont pris acte des réformes engagées par Dakar, tout en insistant sur la nécessité d'accélérer la mobilisation des recettes intérieures.

Société

  • Politique pénitentiaire : le ministère de la Justice précise les modalités de la grâce : Le communiqué publié mardi indique que la mesure s'inscrit dans le cadre de la politique de réduction de la population carcérale et de réinsertion sociale des personnes graciées.
MERCREDI 23 SEPTEMBRE

Le Sénégal appelle à ne pas abandonner le Sahel

Politique & Institutions

  • Le président reçoit les organisations patronales : Selon le communiqué du Conseil des ministres du 10 septembre, Bassirou Diomaye Faye a salué la contribution du secteur privé au développement économique et appelé à accélérer les réformes pour améliorer l'environnement des affaires.

International

  • Assemblée générale de l'ONU : le Sénégal appelle à ne pas abandonner le Sahel : Dans son discours, le président Diomaye Faye a exhorté la communauté internationale à maintenir son engagement dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, soulignant que « le terrorisme n'a pas de frontières ».

Sport

  • JOJ Dakar 2026 : les préparatifs s'intensifient : À moins de deux mois de l'ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse, les autorités sénégalaises ont réaffirmé leur engagement à sécuriser l'événement, en dépit des menaces régionales.
JEUDI 24 SEPTEMBRE

« Le Sénégal ne peut pas dire qu'il est à l'abri »

Politique & Diplomatie

  • Diomaye Faye sur RFI et France 24 : Interrogé sur le risque de contagion terroriste depuis le Mali, le président a reconnu la vulnérabilité du Sénégal tout en défendant la coopération sécuritaire et l'échange de renseignements avec les pays voisins.
  • Soutien à la candidature de Macky Sall à l'ONU : Le président sénégalais a apporté son soutien à son prédécesseur pour le poste de secrétaire général des Nations unies, saluant son expérience dans la défense de la réforme de l'architecture financière internationale.
  • Défense de l'accord avec le FMI : Face aux critiques de l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, Diomaye Faye a appelé à un « comportement patriotique » lors de l'examen de la prochaine loi de finances rectificative.

Sous-région

  • Guinée-Bissau : les forces de l'ordre occupent le siège du PAIGC : La police et la Garde nationale ont investi le siège du principal parti d'opposition à Bissau, situé à quelques mètres de la présidence. Le PAIGC dénonce une mesure visant à étouffer l'opposition avant les élections du 6 décembre.
VENDREDI 25 SEPTEMBRE

Le Sénégal mise sur vigilance et dialogue avec l'AES

Sénégal – AES

  • Le Sénégal mise sur la vigilance et le dialogue : Le président Diomaye Faye a affirmé respecter la décision du Mali, du Burkina Faso et du Niger de quitter la CEDEAO, tout en plaidant pour le maintien de la libre circulation des personnes et des biens entre les deux ensembles régionaux.

Sous-région

  • Burkina Faso : renforcement de la lutte contre la circulation illicite des armes : Le ministre de la Défense Célestin Simporé a présidé la première session ordinaire de 2026 de la Commission nationale de contrôle des armes, appelant à une révision des textes réglementaires pour endiguer la prolifération des armes.

International

  • Pétrole : le Brent franchit les 105 dollars : Le baril de Brent de la mer du Nord a atteint 105,20 dollars à Londres, porté par les tensions au Moyen-Orient et les craintes sur l'approvisionnement. Le WTI a suivi la tendance haussière.

Gambie

  • ECOMIG : rotation des troupes sénégalaises « non liée » aux élections : Le commandement de la mission de la CEDEAO a démenti tout lien entre la rotation en cours du contingent sénégalais et les élections gambiennes à venir, qualifiant l'opération de « routine ».
SAMEDI 26 SEPTEMBRE

Joola : 24 ans après, l'État s'engage

Sénégal – Casamance

  • Commémoration du 24e anniversaire du naufrage du Joola à Ziguinchor : Le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a présidé la cérémonie en hommage aux 1 863 morts et 64 rescapés du naufrage du 26 septembre 2002.
  • Le statut du Musée-mémorial réglé avant la fin de l'année : Le Premier ministre a annoncé que le projet de décret relatif au statut du mémorial a été finalisé et lui sera transmis. « Le mémorial doit rester en tout temps ouvert aux familles », a-t-il déclaré.
  • Plan Diomaye pour la Casamance : Conseil interministériel en novembre : Le chef du gouvernement a annoncé la tenue d'un Conseil interministériel en novembre pour évaluer le Plan Diomaye pour la Casamance. Il a aussi promis le démarrage des travaux du pont Emile Badiane et du second pont de Ziguinchor dès que les marges budgétaires le permettront.

International

  • Iran : Téhéran dément toute action de représailles : Le Secrétariat du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien a démenti les informations faisant état d'une riposte militaire après un récent incident aérien, selon l'agence Xinhua.
  • Gaza : l'armée israélienne annonce avoir tué un commandant du Hamas : L'IDF a affirmé avoir éliminé un commandant de peloton de la force d'élite Nukhba dans le centre de la bande de Gaza.
DOSSIER 1

Le Sénégal face à son calendrier électoral

Par la rédaction de louxew24

Une question qui structure la vie politique

La semaine écoulée a mis en lumière une question qui structure la vie politique sénégalaise depuis l'alternance de 2024 : quand et comment les prochaines élections locales et législatives seront-elles organisées ?

Le président Bassirou Diomaye Faye a révélé, lors de son entretien à RFI et France 24, qu'il n'excluait pas un report des élections locales par consensus, rappelant que la Cour suprême avait estimé que le scrutin pouvait être organisé jusqu'à la fin de l'année 2027. Plus significatif encore : le chef de l'État a saisi le Conseil constitutionnel pour avis sur l'éventualité de jumeler les élections législatives et locales.

Un climat institutionnel tendu

Cette démarche n'est pas anodine. Elle intervient dans un contexte de tensions entre l'exécutif et le législatif, où la question de la dissolution de l'Assemblée nationale revient régulièrement dans le débat public. Diomaye Faye a d'ailleurs écarté toute « décision prédéterminée » sur ce sujet, préférant la voie institutionnelle à la confrontation.

Le Conseil constitutionnel, de son côté, a rendu une décision importante le 7 septembre : la censure de la loi organique modifiant l'article 118 du règlement intérieur de l'Assemblée nationale, qui prévoyait la déchéance de mandat des députés absents. Cette décision s'inscrit dans une jurisprudence constante des sept sages, qui avaient déjà invalidé, le 9 juillet 2026, une révision constitutionnelle adoptée le 29 juin, jugée « contraire à la Constitution ».

Encadré — Les décisions clés du Conseil constitutionnel en 2026

  • 13 mai 2026 : décision tranchant en faveur de l'autorité de la chose jugée des avis du Conseil.
  • 9 juillet 2026 : censure de l'intégralité d'une loi de révision constitutionnelle (décision n° 6/C/2026).
  • 7 septembre 2026 : censure de la loi organique sur la déchéance de mandat des députés absents.

Un jumelage possible mais complexe

Ces décisions dessinent un Conseil constitutionnel qui assume pleinement son rôle de gardien de l'orthodoxie institutionnelle. Elles envoient aussi un signal clair : au Sénégal, les règles du jeu démocratique ne se négocient pas à la marge. Elles se respectent.

Reste la question de fond : le jumelage des élections est-il juridiquement possible et politiquement souhaitable ? Sur le plan juridique, le Conseil constitutionnel devra se prononcer. Sur le plan politique, l'équation est plus complexe. Un jumelage réduirait les coûts et concentrerait les enjeux. Mais il pourrait aussi favoriser la confusion entre des scrutins aux logiques différentes : les législatives nationales et les locales, ancrées dans les terroirs.

Le Sénégal a une tradition de dialogue politique qui a souvent permis de dénouer les crises. La saisine du Conseil constitutionnel est une manière de ramener le débat dans l'arène du droit. C'est une bonne nouvelle pour la démocratie sénégalaise.

DOSSIER 2

L'accord FMI et le prix de la vérité

Par la rédaction de louxew24

Un pays qui a longtemps vécu au-dessus de ses moyens

Le Sénégal a longtemps vécu au-dessus de ses moyens sans le dire. La révélation, en 2024, d'emprunts dissimulés représentant jusqu'à 25 % du PIB a fait l'effet d'un séisme. Un an plus tard, le pays tente de reprendre le contrôle de sa trajectoire budgétaire. L'accord technique conclu le 1er septembre 2026 avec le FMI, portant sur un programme de 36 mois d'environ 2,2 milliards de dollars (1 243 milliards FCFA), constitue la pièce maîtresse de cette stratégie.

Encadré — Les chiffres de la dette sénégalaise

  • Dette totale du secteur public (fin 2024, estimation FMI) : 132 % du PIB.
  • Dette rééchelonnée dans le cadre du Cadre commun du G20 : créances extérieures.
  • Dette en francs CFA : exclue du périmètre de restructuration.
  • Arriérés intérieurs : 1 956 milliards FCFA, compliquant le reprofilage de la dette.

Les objectifs du programme

Le programme FMI vise à rétablir la stabilité macroéconomique et la viabilité de la dette, à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures, et à favoriser une croissance tirée par le secteur privé. Les autorités se sont engagées à améliorer la mobilisation des recettes, à rationaliser les dépenses publiques et à renforcer la supervision des entreprises publiques.

Mais le diable est dans les détails. S&P Global Ratings a dégradé la note souveraine du Sénégal de CCC+ à CC en devises étrangères, avec perspective négative, estimant qu'un « défaut ou un échange de créances en détresse est extrêmement probable ». Moody's avait déjà abaissé la note quelques jours plus tôt, soulignant que l'absence prolongée d'un programme FMI avait accru la dépendance du pays au marché régional pour financer des besoins équivalant à environ 25 % du PIB.

L'enjeu du Cadre commun du G20

Le Sénégal a choisi de recourir à une version « améliorée » du Cadre commun du G20 pour traiter sa dette extérieure. Ce mécanisme, conçu pour coordonner les créanciers publics et privés, a été critiqué pour sa lenteur et sa complexité, notamment lors des restructurations de la Zambie et de l'Éthiopie. Dakar espère que la version améliorée permettra des négociations plus rapides.

Un point crucial : le Sénégal a annoncé que sa dette en francs CFA, émise sur le marché régional de l'UEMOA, resterait en dehors du périmètre de la restructuration. « Ces dettes resteront en dehors du champ de ce plan, compte tenu du rôle significatif du marché régional dans le financement de l'État et de l'économie », a précisé le ministère des Finances. Cette décision vise à protéger les banques locales, largement exposées à la dette souveraine.

Les défis à venir

Le président Diomaye Faye a défendu cet accord avec fermeté, appelant l'opposition à un « comportement patriotique » lors de l'examen de la prochaine loi de finances rectificative. Mais l'ancien Premier ministre Ousmane Sonko, aujourd'hui président de l'Assemblée nationale, pourrait bien être un obstacle sur la route des réformes. Sonko avait déclaré, lorsqu'il était à la Primature, qu'une restructuration de la dette apporterait « la honte » au pays. Les prochains mois diront si la cohabitation institutionnelle entre les deux hommes permettra d'éviter un blocage.

Une chose est sûre : le Sénégal a choisi la transparence. C'est douloureux. C'est nécessaire. Et c'est, à terme, la seule voie vers une souveraineté retrouvée.

DOSSIER 3

Le Joola, 24 ans après : la mémoire et la reconstruction

Par la rédaction de louxew24

Vingt-quatre ans d'attente

Vingt-quatre ans. C'est le temps qu'il aura fallu pour que l'État sénégalais annonce, de manière ferme, le traitement du statut du Musée-mémorial du Joola. Le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô, présent à Ziguinchor le 26 septembre, a déclaré que le projet de décret relatif au statut du mémorial a été finalisé et lui sera transmis avant la fin de l'année.

« Le mémorial doit rester en tout temps ouvert aux familles. Nul ne devrait avoir à se recueillir devant une porte close », a-t-il déclaré. La formule résume l'enjeu : faire du mémorial un lieu vivant, accessible, digne. Pas un tombeau administratif.

Le Joola, c'est 1 863 morts et 64 rescapés, le 26 septembre 2002. C'est la plus grande catastrophe maritime de l'histoire du Sénégal. C'est aussi une plaie ouverte dans la conscience nationale, que les années n'ont pas refermée.

Encadré — Le Joola en chiffres

  • Date du naufrage : 26 septembre 2002.
  • Victimes : 1 863 morts.
  • Rescapés : 64.
  • Lieu : au large des côtes gambiennes.
  • Année de commémoration : 24e anniversaire.

Le Plan Diomaye pour la Casamance

Le Premier ministre a également annoncé la tenue d'un Conseil interministériel en novembre pour évaluer le Plan Diomaye pour la Casamance. Ce plan, présenté comme une priorité de l'Agenda Sénégal 2050, vise à désenclaver la région naturelle de la Casamance, « grenier du Sénégal », selon les mots de Mouhamed Al Aminou Lô.

Deux infrastructures emblématiques sont concernées : le pont Emile Badiane et le second pont de Ziguinchor. Le Premier ministre s'est engagé à démarrer les travaux « dès que les premières marges de manœuvres budgétaires seront engagées », précisant que l'enveloppe nécessaire est inscrite dans la loi de finances initiale de 2027.

Un enjeu de mémoire et de développement

La commémoration du Joola n'est pas qu'un rituel. Elle est un rappel : l'État a une dette envers les familles des victimes, envers les rescapés, envers une région qui a trop longtemps attendu. Le mémorial, le pont, le Plan Diomaye : autant de promesses qui devront se traduire en actes.

Le Premier ministre l'a dit : « Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte ». Il ne reste plus qu'à transformer cette phrase en réalité.

DOSSIER 4

La Guinée-Bissau au bord du gouffre démocratique

Par la rédaction de louxew24

Un référendum contesté

La Guinée-Bissau, petit pays de 2,2 millions d'habitants, vit une séquence politique dangereuse. Le référendum du 30 août 2026, approuvé à 70 % selon la Commission électorale nationale, a instauré un régime présidentiel fort, réduisant les sièges parlementaires de 102 à 65. Le PAIGC, principal parti d'opposition, dénonce un « autre coup d'État » et conteste la régularité du scrutin.

Encadré — Le référendum bissau-guinéen

  • Date : 30 août 2026.
  • Résultat : 70 % pour le « oui », 30 % pour le « non ».
  • Participation : 55 %.
  • Changement majeur : passage d'un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel.
  • Réduction du Parlement : de 102 à 65 sièges.

Le siège du PAIGC investi

La situation s'est aggravée cette semaine. Le 24 septembre, les forces de l'ordre ont occupé le siège national du PAIGC à Bissau, situé à quelques mètres de la présidence de la République. Quelques jours plus tôt, le Haut Commandement militaire avait imposé aux partis politiques de déplacer leurs sièges situés à moins de 500 mètres des organes de souveraineté, des hôpitaux et des représentations diplomatiques. Une mesure qui vise clairement le PAIGC, dont le siège est situé à proximité immédiate d'un hôpital dans le centre de Bissau.

Muniro Conté, porte-parole du PAIGC, a dénoncé des restrictions qui placent la Guinée-Bissau « dans l'orbite des régimes dictatoriaux ». Il a également mis en cause la création du Parti populaire guinéen (PPG), dirigé par le Premier ministre de transition Ilídio Vieira Té et le ministre des Finances, estimant que la participation de membres du gouvernement à la compétition électorale pourrait compromettre l'équité du scrutin prévu le 6 décembre 2026.

Un précédent régional inquiétant

La Guinée-Bissau a été le théâtre d'un coup d'État militaire en novembre 2025, après une élection contestée. Le pays tente depuis lors de revenir à un ordre constitutionnel, mais les restrictions imposées à l'opposition et la mainmise du pouvoir sur les institutions électorales suscitent des inquiétudes croissantes.

La CEDEAO et l'Union africaine ont tenté des médiations, mais Muniro Conté regrette leur « inefficacité » à rétablir les libertés politiques. Le Premier ministre Ilídio Vieira Té, de son côté, assure qu'il ne utilisera pas ses fonctions gouvernementales pour développer son parti et défend « la neutralité des institutions, l'égalité de traitement des candidats et la liberté de faire campagne ».

Les prochains mois seront décisifs. Si les élections du 6 décembre ne sont pas crédibles, la Guinée-Bissau risque de s'enfoncer dans une crise politique dont les conséquences dépasseront ses frontières.

DOSSIER 5

Pétrole, Sahel et fragmentation : trois dynamiques mondiales

Par la rédaction de louxew24

Le pétrole au-dessus de 100 dollars

La semaine internationale a été marquée par trois dynamiques convergentes : la flambée des prix du pétrole, la fragmentation de l'architecture sécuritaire régionale au Sahel, et les signaux contradictoires de l'économie mondiale.

Le baril de Brent a franchi la barre des 105 dollars le 25 septembre, atteignant 105,20 dollars à Londres. Cette hausse résulte des tensions persistantes au Moyen-Orient, notamment autour du détroit d'Ormuz, où l'Iran a été accusé d'attaques contre des navires. Les marchés craignent une perturbation de l'approvisionnement mondial.

Encadré — Prix du pétrole (semaine du 21 au 26 septembre)

  • 22 septembre : Brent 100,34 USD / WTI 88,94 USD.
  • 23 septembre : Brent ~98-99 USD / WTI ~88-89 USD.
  • 25 septembre : Brent 105,20 USD.

Le Sahel : une architecture sécuritaire en recomposition

La CEDEAO et l'Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso, Niger — tentent de maintenir un dialogue minimal. La CEDEAO a désigné Bassirou Diomaye Faye et Faure Gnassingbé comme facilitateurs auprès de l'AES, et a reconduit Lansana Kouyaté comme négociateur spécial jusqu'en décembre 2026. La priorité affichée : maintenir la libre circulation des personnes et des biens entre les deux ensembles.

Le président sénégalais a été clair : « Le Mali est un pays voisin qui le restera, parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront ». Il a reconnu que le Sénégal ne pouvait pas se considérer « à l'abri » d'une attaque terroriste, tout en insistant sur les mesures de prévention et la coopération en matière de renseignement.

L'économie mondiale : résilience et risques

Le FMI a publié son rapport annuel 2026, soulignant que la croissance mondiale devrait se maintenir autour de 3 %, un « exploit » dans un contexte de chocs géopolitiques, de conflits et de perturbations commerciales. Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, a toutefois averti que les risques restaient élevés, notamment liés à l'inflation, au coût du service de la dette et aux investissements massifs dans l'intelligence artificielle.

Le rapport note que l'investissement dans l'IA pourrait dépasser 2 000 milliards de dollars en 2026, une dynamique qui présente à la fois des opportunités et des risques pour la productivité mondiale.

Le climat : un « Super El Niño » annoncé

Les prévisions climatiques pour la fin 2026 et le début 2027 font état d'un « Super El Niño » qui pourrait entraîner jusqu'à 451 000 décès supplémentaires liés aux fortes chaleurs entre septembre 2026 et février 2027. L'Afrique du Nord et de l'Est, ainsi que l'Amérique centrale, sont particulièrement exposées. En Espagne, les incendies ont déjà ravagé 153 000 hectares cette année.

POLITIQUE & JUSTICE

Synthèse de la semaine

La semaine a été marquée par la grâce présidentielle accordée à 984 condamnés, une décision qui s'inscrit dans une politique pénitentiaire visant à réduire la surpopulation carcérale et à favoriser la réinsertion. Le Conseil constitutionnel a poursuivi sa jurisprudence protectrice de l'orthodoxie institutionnelle en censurant la loi organique sur la déchéance de mandat des députés absents. Enfin, la saisine du Conseil constitutionnel par le président sur l'éventualité d'un jumelage des élections législatives et locales témoigne d'une volonté de privilégier la voie institutionnelle sur la confrontation politique.

ÉCONOMIE & FINANCES

Synthèse de la semaine

L'accord avec le FMI (2,2 milliards de dollars) et le lancement du Plan de traitement de la dette du Sénégal ont dominé l'actualité économique. La dégradation de la note souveraine par S&P (CC en devises, CCC en monnaie locale) souligne l'ampleur des défis à venir. Le ministère des Finances a précisé que la dette en francs CFA, émise sur le marché régional, resterait exclue du périmètre de restructuration. Les arriérés intérieurs, estimés à 1 956 milliards FCFA, compliquent toutefois le reprofilage de la dette.

SOCIÉTÉ & FAITS DIVERS

Synthèse de la semaine

La commémoration du 24e anniversaire du naufrage du Joola a été le moment fort de la semaine sur le plan sociétal. Le Premier ministre a annoncé le règlement du statut du Musée-mémorial avant la fin de l'année et la tenue d'un Conseil interministériel sur le Plan Diomaye pour la Casamance en novembre. Les opérations de désencombrement à Dakar, supervisées par le ministre de l'Intérieur, se sont poursuivies dans plusieurs communes de la capitale.

SPORT

Synthèse de la semaine

Les préparatifs des Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar 2026 se sont intensifiés, avec un accent particulier sur la sécurisation de l'événement dans un contexte régional marqué par la menace terroriste. Le président a réaffirmé la détermination de l'État à faire de ces JOJ une réussite, en dépit des défis sécuritaires.

CULTURE & RELIGION

Synthèse de la semaine

La semaine n'a pas été marquée par des événements religieux majeurs, le Gamou de Tivaouane et le Magal de Touba étant prévus pour les mois à venir. Sur le plan culturel, la commémoration du Joola a donné lieu à des moments de recueillement et d'hommage à Ziguinchor, en présence des familles de victimes et des rescapés.

DIPLOMATIE & RELATIONS INTERNATIONALES

Synthèse de la semaine

La diplomatie sénégalaise a été très active. Le président Diomaye Faye a participé à l'Assemblée générale de l'ONU à New York, où il a plaidé pour un multilatéralisme rénové et appelé à ne pas abandonner le Sahel. Il a soutenu la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU et défendu l'accord avec le FMI face aux critiques de l'opposition. Sur le plan régional, le Sénégal a réaffirmé son attachement au dialogue avec l'AES tout en maintenant sa coopération sécuritaire avec les pays voisins.

CHRONIQUE

Dette, vérité et souveraineté : le choix cornélien du Sénégal

Par la rédaction de louxew24

Il y a des moments dans la vie d'une nation où la vérité devient un fardeau. Le Sénégal traverse l'un de ces moments. Les révélations sur les emprunts dissimulés de l'ère Macky Sall — jusqu'à 25 % du PIB — ont fait voler en éclats l'image d'un pays émergent, discipliné, attractif pour les investisseurs. La réalité est plus rude : une dette publique supérieure à 130 % du PIB en 2024, des arriérés intérieurs de près de 2 000 milliards FCFA, et une note souveraine désormais classée « CC » par S&P.

Face à ce constat, deux voies s'offraient au président Bassirou Diomaye Faye. La première : continuer à camoufler, négocier des délais, repousser l'échéance. C'est la voie de la facilité, celle qui permet de gagner du temps politique en sacrifiant l'avenir. La seconde : dire la vérité, assumer la restructuration, accepter la douleur à court terme pour reconstruire sur des bases saines. C'est la voie qu'il a choisie.

L'accord avec le FMI, d'un montant de 2,2 milliards de dollars sur trois ans, n'est pas une récompense. C'est un contrat. En échange du soutien financier, Dakar s'engage à réformer en profondeur : amélioration de la mobilisation des recettes, rationalisation des dépenses, supervision des entreprises publiques, transparence sur la dette. Ces réformes seront douloureuses. Elles impliqueront des choix budgétaires difficiles, des arbitrages entre secteurs, des renoncements.

Mais la vérité a un prix. Et ce prix, c'est celui de la souveraineté retrouvée. Un pays qui cache sa dette n'est pas souverain : il est otage de ses créanciers. Un pays qui l'assume peut négocier, restructurer, reconstruire. Le Sénégal a choisi la seconde voie.

Le président a appelé l'opposition à un « comportement patriotique » lors de l'examen de la prochaine loi de finances rectificative. L'appel est légitime. Mais il ne suffira pas. Ousmane Sonko, désormais président de l'Assemblée nationale, a qualifié la restructuration de la dette de source de « honte » pour le pays. Le débat politique sera rude. Il doit l'être. Mais il ne doit pas bloquer le pays.

La vérité, enfin, c'est que le Sénégal n'est pas seul. Le FMI, la Banque mondiale, les partenaires bilatéraux ont reconnu la gravité de la situation et accepté d'accompagner Dakar. Le Cadre commun du G20, dans sa version améliorée, offre un cadre multilatéral pour négocier avec les créanciers. C'est une chance. Il faut la saisir.

Le Sénégal a souvent montré, dans son histoire, une capacité remarquable à surmonter les crises par le dialogue et la lucidité. La crise de la dette est un test. Il est dur. Mais il est surmontable. À condition de ne pas retomber dans le déni.

PORTRAIT DE LA SEMAINE

Mouhamed Al Aminou Lô, le Premier ministre de la mémoire

Par la rédaction de louxew24

Un homme de dossiers

Il est l'homme qui monte. En quelques mois, Mouhamed Al Aminou Lô s'est imposé comme une figure centrale de l'exécutif sénégalais. Sa semaine a été emblématique de son style : sobre, technique, engagé.

Le 26 septembre, à Ziguinchor, c'est lui qui a présidé la commémoration du 24e anniversaire du naufrage du Joola. Devant les familles de victimes, les rescapés et les autorités locales, il a annoncé une série de mesures concrètes : le règlement du statut du Musée-mémorial avant la fin de l'année, la tenue d'un Conseil interministériel sur le Plan Diomaye pour la Casamance en novembre, et le démarrage des travaux du pont Emile Badiane dès que les marges budgétaires le permettront.

« Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte », a-t-il déclaré. La formule n'est pas qu'une jolie phrase. Elle dit quelque chose de sa conception du pouvoir : un pouvoir qui assume l'héritage, qui ne fuit pas les responsabilités, qui regarde l'histoire en face.

Le choix de la rigueur

Mouhamed Al Aminou Lô n'est pas un homme de coups d'éclat. Il est de ces responsables qui préfèrent les dossiers aux discours, les décrets aux meetings. Son passage à la Primature a été marqué par une volonté de rationaliser l'action gouvernementale, de tenir les engagements et de répondre aux attentes des populations.

Le président Diomaye Faye lui a demandé, lors du Conseil des ministres du 10 septembre, de veiller à « l'exécution effective des réformes sectorielles et des engagements pris ». Une manière de dire que le temps des annonces est passé, celui des résultats est venu.

Un Premier ministre de la rigueur

Dans un contexte budgétaire difficile, où chaque franc compte, la tâche n'est pas aisée. Mais Mouhamed Al Aminou Lô a une qualité précieuse : il inspire confiance. Sa gestion de la commémoration du Joola, son engagement pour la Casamance, sa capacité à parler aux familles de victimes sans pathos inutile, tout cela dessine un Premier ministre conscient de la dimension humaine de l'action publique.

L'homme n'est pas encore une figure nationale incontestée. Mais il est en train de le devenir. Une semaine après l'autre.

TRIBUNE LIBRE

La CEDEAO face à l'AES : dialoguer ou périr

Par la rédaction de louxew24

Une organisation à un tournant

La CEDEAO est à un tournant de son histoire. La décision du Mali, du Burkina Faso et du Niger de quitter l'organisation, officialisée en janvier 2024 et effective depuis juillet 2025, a créé une fracture sans précédent dans l'architecture régionale ouest-africaine. L'Alliance des États du Sahel (AES), née de cette rupture, se présente comme une alternative souverainiste, centrée sur la sécurité et la coopération militaire.

Face à cette recomposition, la CEDEAO a choisi le dialogue. La désignation de Bassirou Diomaye Faye et de Faure Gnassingbé comme facilitateurs auprès de l'AES, et la reconduction de Lansana Kouyaté comme négociateur spécial jusqu'en décembre 2026, témoignent d'une volonté de maintenir le contact. Le président sénégalais l'a dit sans détour : « Le Mali est un pays voisin qui le restera, parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront ».

Une approche pragmatique

Cette approche pragmatique est la bonne. Elle repose sur une évidence géographique : les peuples de la sous-région sont liés par des siècles d'histoire, de commerce, de migration. Aucune frontière politique ne pourra effacer ces liens. Prétendre le contraire serait une erreur.

Mais le dialogue a ses limites. La CEDEAO doit aussi se réformer. Elle ne peut pas continuer à fonctionner comme si de rien n'était, avec des institutions conçues pour un autre temps. La libre circulation des personnes et des biens, priorité affichée par Diomaye Faye, est un objectif louable. Mais elle exige des mécanismes de sécurité, de contrôle, de coopération policière et judiciaire qui font aujourd'hui défaut.

La souveraineté n'est pas l'isolement

L'AES, de son côté, doit comprendre que la souveraineté n'est pas l'isolement. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger font face à une menace terroriste qui ne s'arrêtera pas aux frontières de leur alliance. La coopération avec la CEDEAO, même minimale, est une nécessité stratégique. La CEDEAO a proposé une coopération antiterroriste minimale, actée par un communiqué conjoint à Bamako en mai 2025. C'est un début. Il faut l'approfondir.

La question de la monnaie unique, l'Eco, est un autre chantier. Les pays de l'AES ont exprimé leur intention de créer leur propre monnaie. Mais une monnaie commune sans intégration économique réelle serait un colosse aux pieds d'argile. La CEDEAO doit reprendre l'initiative sur ce dossier, en proposant un calendrier réaliste et des critères de convergence adaptés aux réalités de chaque pays.

Les leçons des coups d'État

Enfin, la CEDEAO doit tirer les leçons des coups d'État successifs qui ont secoué la région depuis 2020. La Guinée-Bissau, le Mali, le Burkina Faso, le Niger : autant de signaux d'une crise de légitimité des institutions démocratiques. La réponse ne peut pas être uniquement sécuritaire. Elle doit être politique, économique, sociale. Elle doit s'attaquer aux causes profondes de la fragilité des États.

Le dialogue est la seule voie. Mais il doit être franc, exigeant, sans naïveté. La CEDEAO et l'AES n'ont pas d'autre choix que de coexister. Autant le faire intelligemment.

CHRONIQUE HISTORIQUE

Le Joola, 24 ans après : ce que la mémoire dit du Sénégal

Par la rédaction de louxew24

Une tragédie évitable

Le 26 septembre 2002, le bateau Le Joola sombrait au large des côtes gambiennes, emportant 1 863 vies et laissant 64 rescapés dans un océan de détresse. Vingt-quatre ans plus tard, le Sénégal commémore. Il se souvient. Il pleure encore, peut-être. Mais surtout, il commence à réparer.

L'histoire du Joola est celle d'une tragédie évitable. Le navire, surchargé, a chaviré dans des conditions météorologiques difficiles. Les secours ont tardé. Les responsabilités n'ont jamais été pleinement établies. Les familles ont attendu des années pour obtenir des réponses, des indemnisations, une reconnaissance.

Une mémoire obstinée

L'histoire du Joola est aussi celle d'une mémoire obstinée. Chaque année, à Ziguinchor, les familles se retrouvent. Elles déposent des fleurs, allument des bougies, prononcent les noms des disparus. Elles refusent l'oubli.

Cette année, un pas a été franchi. Le Premier ministre Mouhamed Al Aminou Lô a annoncé que le statut du Musée-mémorial serait réglé avant la fin de l'année, et que les familles et les rescapés seraient associés à la finalisation du projet de décret. C'est une victoire de la persévérance. C'est aussi un signe : l'État sénégalais reconnaît que la mémoire n'est pas un supplément d'âme, mais une obligation.

La Casamance attend

La Casamance, région meurtrie par des décennies de conflit, attendait plus. Le Plan Diomaye pour la Casamance, présenté comme une priorité de l'Agenda Sénégal 2050, vise à désenclaver la région. Le pont Emile Badiane, le second pont de Ziguinchor : autant de promesses qui, si elles se réalisent, changeront la vie des populations.

L'histoire du Joola nous enseigne une chose simple : un pays qui oublie ses morts est un pays qui se perd. Un pays qui se souvient, qui répare, qui construit, est un pays qui grandit. Le Sénégal est en train de grandir.

CHIFFRES CLÉS

Indicateurs économiques et faits marquants

Tableau des indicateurs

  • Dette publique / PIB : > 130 % (2024)
  • Programme FMI : 2,2 Mds USD (1 243 Mds FCFA) sur 36 mois
  • Grâce présidentielle : 984 condamnés libérés
  • Joola : 1 863 morts, 64 rescapés (26 septembre 2002)
  • Note S&P (devises) : CC, perspective négative
  • Note S&P (locale) : CCC, perspective négative
  • Prix du Brent : 105,20 USD (25 sept.)
  • Référendum Guinée-Bissau : « Oui » à 70 %
  • Députés bissau-guinéens : de 102 à 65 après réforme

Faits marquants par jour

  • Lundi 21 : Grâce présidentielle : 984 condamnés libérés
  • Mardi 22 : Diomaye Faye plaide pour un multilatéralisme rénové à l'ONU
  • Mercredi 23 : Le Sénégal appelle à ne pas abandonner le Sahel
  • Jeudi 24 : « Le Sénégal ne peut pas dire qu'il est à l'abri » (RFI/France 24)
  • Vendredi 25 : Le Brent franchit les 105 dollars
  • Samedi 26 : Commémoration du Joola à Ziguinchor

Citations de la semaine

« Le terrorisme n'a pas de frontières. » — Bassirou Diomaye Faye, Président de la République
« Une nation qui se souvient est une nation qui se respecte. » — Mouhamed Al Aminou Lô, Premier ministre
« Le Mali est un pays voisin qui le restera, parce que ni le Sénégal, ni le Mali ne déménageront. » — Bassirou Diomaye Faye

Dates clés à retenir

  • 1er octobre : Examen de la loi de finances rectificative à l'Assemblée nationale
  • 6 décembre : Élections législatives en Guinée-Bissau
  • Novembre : Conseil interministériel sur le Plan Diomaye pour la Casamance
  • Fin 2026 : Règlement du statut du Musée-mémorial du Joola
Divertissement 4 jeux

Quiz – 15 questions

1. Quel est le montant du programme FMI conclu avec le Sénégal ?

2. Combien de condamnés ont bénéficié de la grâce présidentielle du 21 septembre ?

3. Quel anniversaire du naufrage du Joola a été commémoré le 26 septembre 2026 ?

4. Quel pourcentage le « Oui » a-t-il obtenu au référendum bissau-guinéen ?

5. Quel prix le baril de Brent a-t-il atteint le 25 septembre ?

6. Qui a été désigné facilitateur de la CEDEAO auprès de l'AES avec Faye ?

7. Qui a présidé la commémoration du Joola à Ziguinchor ?

8. Quelle région est concernée par le Plan Diomaye présenté en novembre ?

9. En quelle année le Joola a-t-il coulé ?

10. Quelle agence a dégradé la note du Sénégal à « CC » ?

11. Quel ministre a ouvert la conférence de la Cour de justice de la CEDEAO à Dakar ?

12. Quel ministre a supervisé les opérations de désencombrement à Dakar ?

13. Combien de morts le naufrage du Joola a-t-il fait ?

14. Qui est l'actuel Premier ministre du Sénégal ?

15. Quand s'est tenu le référendum bissau-guinéen ?

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AGENDA

Semaine prochaine (28 septembre – 4 octobre)

  • Lundi 28 septembre : Poursuite des négociations FMI-CEDEAO à Dakar. Conseil des ministres hebdomadaire.
  • Mardi 29 septembre : Réunion de suivi du Plan Diomaye pour la Casamance à Ziguinchor.
  • Mercredi 30 septembre : Examen du projet de loi de finances 2027 en Conseil des ministres.
  • Jeudi 1er octobre : Examen de la loi de finances rectificative à l'Assemblée nationale.
  • Vendredi 2 octobre : Forum économique Sénégal-Union européenne à Dakar.
  • Samedi 3 octobre : Matches de la Ligue 1 sénégalaise.
  • Dimanche 4 octobre : Préparatifs du Gamou de Tivaouane. Prochaine édition de XEW XEW HEBDO.
ÉDITORIAL DE CLÔTURE

Ce que nous avons appris cette semaine

Par la rédaction de louxew24

Chers lecteurs,

Cette semaine, le Sénégal a montré un visage qu'on ne lui voit pas toujours : celui d'un pays qui assume ses erreurs et qui travaille à les réparer. L'accord avec le FMI, la commémoration du Joola, la grâce présidentielle, le dialogue avec l'AES : autant de signes d'une maturité politique et institutionnelle qui force le respect.

Il reste beaucoup à faire. La dette pèse. La menace terroriste rôde. Les élections approchent. Les défis sont immenses. Mais le Sénégal a un atout précieux : il croit au droit, au dialogue, à la mémoire. Ce sont des valeurs qui ne se dévaluent pas.

La semaine prochaine, le FMI examinera notre programme. Les regards seront tournés vers Washington. Mais c'est à Dakar, à Tivaouane, à Touba, à Ziguinchor, à Bissau, à Bamako que se jouera l'avenir de notre région. Nous continuerons à vous informer, à analyser, à décrypter. Parce que l'information est le premier des droits.

Merci de votre fidélité. Rendez-vous dimanche prochain pour une nouvelle édition de Xew Xew Hebdo.

À dimanche prochain.

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Fin de l'édition du dimanche 27 septembre 2026
Rendez-vous dimanche prochain pour un nouveau XEW XEW HEBDO !

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